De menues bricoles sur une
Alfa Romeo 146 JTD 77 kW/105 CV de 2000
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05-AVR-2008
: 209894 km

    La 146 est de retour de la carosserie avec une porte et une aile comme neuves. Du beau boulot.



Je n'ai pas pris de photo après l'accrochage. Vous pouvez cependant comparer avec avant le choc.


    Aujourd'hui le moment est venu de changer 3 bougies de préchauffage, celles des cylindres 1, 2 et 4 (en partant de la distribution). Cela fait bien longtemps que le voyant du préchauffage clignote 30 à 60 secondes après le démarrage. On commence par débrancher la batterie.



Il faut se frayer un chemin jusque derrière le repartiteur de l'air d'admission. Pour la dépose du cache-moteur, voir ci-dessus.
On commence donc par déconnecter les 4 injecteurs et déposer la petite plaque en plastique qui fait cheminer cet ensemble (clé 10 mm).



Au tour du collecteur de retour de carburant (2 vis avec clé de 10 mm).


Quart d'heure culturel

    Je soupçonne (sans preuve) ce collecteur de contenir une vanne thermostatique. Explications.

    Le carburant d'une ligne retour d'un système "Common Rail" est très chaud. Contrairemnent à ce que vous souffle votre bon sens (ou Jules le poivrot du bar des Amis, un ancien mécano qui a eu ses années de gloire lorsqu'il réglait le calage dynamique de l'allumage de la Renault 16 de votre papy; c'était avant qu'il ne se gâte la main aux anis et que sa femme ne le quitte pour un chauffeur de taxi), le carburant ne s'échauffe pas lors de sa mise en pression (ici jusqu'à 1350 bar sur ce système de première génération), mais lors de sa dépressurisation lorsque l'excédent non-consommé est détendu pour être renvoyé au réservoir. C'est l'énergie de pression qui a été fournie au carburant qui doit être évacuée lors de sa détente. Elle génère de la chaleur, forme ultime de la déperdition d'énergie.

    La température du carburant peut alors dépasser les 80°C et faire fondre un bon morceau de la tuyauterie plastique de la bagnole. Mais avoir rapidement du carburant chaud ça peut aussi être interessant dans certaines conditions, par grand froid par exemple.

    Normalement un système à rampe commune possède une véritable gestion de la température du carburant. Hypothèse de fonctionnement de la supposée vanne thermostatique, extrapolée à partir du système des moteurs HDi PSA.

    En dessous de 15°C de température de carburant, tout le carburant de la ligne retour est renvoyé à l'entrée de la pompe haute pression (le filtre à carburant de la 146 est équipé en amont d'un réchauffeur électrique de carburant qui augmente au mieux sa température de 1.5 K: je le sais parce que j'ai travaillé pour la société qui le fabrique. Ça marche avec des disques PTC qui s'autorégulent et qui fournissent environ 180 W de puissance de chauffe; avec un débit moyen de 120 l/h en provenance de la pompe de gavage du réservoir, on caracole à maxi +1.5 K; ça ne sert donc -presqu'- à rien; question subsidiaire: en déduire un ordre de grandeur de la chaleur massique du gazole).

    Entre 15 et 25°C de température de carburant, une partie du carburant de la ligne retour est mélangé avec du carburant frais avant d'être renvoyé à l'entrée de la pompe haute pression.

    Au delà de 25°C de température de carburant, tout le carburant de la ligne retour est renvoyé au réservoir en passant par un refroidisseur, que je n'ai pas localisé sur la 146. Chez PSA, il s'agissait en 1998 d'une tôle dite "persiennée" soudée sur un tuyau de retour sous la caisse.

    Evidemment au lieu de chauffer puis refroidir du carburant on ferait mieux de pressuriser au plus juste la quantité nécessaire afin de s'affranchir de tout ce système bien compliqué (et coûteux; c'est ce second point qui dérange surtout en ces temps difficiles). C'est chose faite sur les dernières générations. La première amorce de solution dès 1999 était un solénoide qui désactivait un des pistons de la pompe haute pression en cas de charge basse ou moyenne. On réduisait ainsi d'un tiers le débit de la pompe.

    On notera pour finir le capteur de température sur le cliché ci-dessus. En cas de dépassement d'une valeur seuil, la gestion moteur bascule dans un mode dégradé qui limite la puissance developpée afin de faire chuter la température du carburant. Pensez-y lorsque vous partirez à l'assaut du Mont Ventoux en plein mois d'août à fond de troisième avec une caravane au cul (essai PSA).



En manipulant le collecteur de retour carburant, j'entends le bruit d'une prise d'air en provenance de
la pipette de retour basse pression de la pompe haute pression. Il n'y a plus de collier! Sans doute un
reliquat du travail d'orfèvre effectué par le passé sur ce circuit. J'y ai remis un collier 8-15 mm.



Puis le collecteur / condenseur de vapeurs d'huile (3 vis avec clé de 10 mm).



Voici un crochet pour monter des ressorts (de rappel de béquille de motos).



Je m'en sers pour déposer la connection électrique des bougies 1, 2 et 4.


    Dans la série des liaisons (vachement) dangeureuses, l'aluminium (hypersilicé d'une culasse) et l'inox (austénitique d'une bougie de préchauffage) font très mauvais ménage dans le temps, surtout dans une liaison vis-écrou. J'avais donc très peur que tout soit irrémédiablement grippé après 210000 km (j'ai prié secrètement pour que la bougie soit pourvue d'origine d'une couche de nickel).


J'ai donc inondé les lamages à la base des bougies avec de l'huile dégrippante de qualité. Je me suis
servi d'une petite seringue avec une aiguille pour y accéder, la place étant plus que comptée. J'ai laissé
agir une bonne heure sur moteur chaud.


    L'outil préparé (clé dite "à béquille") s'est révélé absolument parfait pour l'accès et le démontage des bougies. Les bougies 1 et 2 sont venues après un "craaac" pas rassurant et en cuinant bizarrement sur les 2-3 premiers tours de clé. Rien à faire sur la bougie N°4: pas moyen de la débloquer.

Il s'agit de bougies Bosch réf. 0 250 202 036 (11V, made in France, 955). Il se pourrait qu'elles ne
soient pas d'origine car selon mes maigres sources, j'aurai dû tomber sur des modèles de chez
Magneti-Marelli. D'autant que leur état de surface a l'air bien conservé.
J'ai enduit le filetage des nouvelles bougies NGK réf. Y-534J avec un peu de graisse cuivrée.


    J'ai laissé agir le dégrippant une heure de plus sur la bougie N°4. Il faut se méfier de soi et de l'escalade de l'engagement lors d'une séance de mécanique. C'est un coup à tout péter et à se retrouver avec plus d'emmerdements à la fin que lors de la situation de départ. J'ai failli laisser cette dernière bougie en place. A la dernière tentative, elle s'est dévissée d'un huitième de tour puis s'est bloquée. Je suis revenu en arrière puis en avant (comme on manipule un taraud) pendant plus de 25 minutes jusqu'à ce que je sorte cette saloperie.



La bougie N°4: comparons là aux bougies usagées du cliché précédent. Elle est noire jusqu'au filetage au lieu de l'être seulement jusqu'au siège conique.
Elle n'était pas vissée à fond et a laissé remonter les gaz de combustion jusqu'au filetage. Second argument pour dire qu'il ne s'agit pas des bougies d'origine.
Bref tout cela en a remis une couche pour bien nous gripper l'ensemble et bonjour la perte de compression (au début) et la surconsommation.
Notez les sommets de filet et le filet manquant (là c'est le démontage le fautif bien sûr).


    La nouvelle bougie N°4 ne s'est pas laissée visser. Je croyais déjà avoir foiré le filetage dans la culasse. J'ai récupéré les copeaux avec un coton tige et de la graisse. Puis j'ai rectifié le filet de la vieille bougie avec mon outil à rectifier les filets (Réf. Facom 232.B). Enduite de graisse cuivrée, j'ai vissé / dévissé une bonne dizaine de fois la vieille bougie dans la culasse (ça allait très bien!). Puis j'ai réussi à remonter la nouvelle bougie N°4 sans difficulté jusqu'à ce qu'elle soit en appui sur son siège conique. Et ça a tenu? OUI, la 146 a fait 200 km d'autoroute le lendemain sans la moindre bougie passant au travers du capot!


Couple de serrage des bougies 16 à 20 Nm.
Remontage dans l'ordre inverse.


    La batterie débranchée aura remis la mémoire de diagnostic des bougies à zéro. Essai, ça démarre bien et le moteur fait beaucoup moins de bruit à froid tout en tournant "plus rond" mais ce satané serpentin de préchauffage clignote encore. Comment est-ce possible? Une bougie est HS... A moins qu'elle ne soit pas connectée! Et là je soupçonne la connection de la bougie N°3. En effet - rappelez-vous - cette bougie a une connection filetée (mauvais modèle de bougie monté par Bozo) et son connecteur non adapté bat effectivement la campagne.

    Je le déforme un peu avec un pince pour qu'il "prenne" sur la borne filetée, je débranche la batterie pour remettre la mémoire "diag" à zéro et on recommence. Alleluia, plus de serpentin, le moteur tourne et je suis enfin serein.


    Le premier tiers du tapis de coffre est affreusement déformé depuis que du liquide (de l'huile de boîte je crois) s'est déversé dessus. Les charges lourdes placées dessus par les propriétaires l'ont achevé. Depuis, n'importe quel petit objet finit immanquablement dans le compartiment de la roue de secours à cause des entrebaillements dans le tapis.


Avec un morceau de contreplaqué de 5 mm récupéré et grossièrement "dégrossi" à la Dremel, de
la colle néoprène en bombe, des agrafes de 10 mm et des serre-joints, j'ai tenté de lui redonner une
forme plus droite.



Pour finir une barre de bois avec de la colle du même nom pour rigidifier l'ensemble.



Résultat final avec une couche de mousse comme antibruit pour éviter des couinements de la planche
sur la roue de secours.


12-AVR-2008: 210527 km

    Propriétaire et mécano confirment que le passage des vitesses s'est amélioré depuis la vidange de la boîte. Je songe également à lubrifier toute la tringlerie de la commande qui m'a l'air un peu oxydée, on ne sait jamais. Mais avant j'aimerai mettre un petit coup de nettoyeur haute pression sur le bloc moteur. A venir sans doute.

     Profitant de quelques instants, je vérifie
- la pression des pneus: les deux pneus rechapés à l'avant semblent moins stable en terme d'étanchéité que les deux pneus traditionnels à l'arrière
- le niveau d'huile moteur: OK, niveau à environ 80% de l'échelle MIN-MAX
- le niveau d'huile de boîte, espérant que le bisulfure de molybdène la noircisse suffisamment pour que le niveau soit plus lisible: l'huile est à peine plus sombre mais on distingue mieux le niveau sur la petite jauge. Il y a encore trop d'huile, aaargh! Environ 3 mm au dessus du max.


En me frayant un passage jusqu'à la jauge de boîte, deux objets m'înterpellent:  un bloc laissé à lui
même et un écrou libre sur une tige filetée: l'écrou est grippé et le bloc porte l'inscription "Siemens
B337 V23136-J1004-X47 46537685 12 V/50 A". Un relais ou un gros fusible?



Un coup de dégrippant et de clé de 10 mm plus tard, j'ai tout remis à sa place, souhaitant Bozo à tous
les diables.



La rainure gauche du toit a des éclats de peinture qui sont cachés par une baguette de caoutchouc au niveau de la porte arrière. J'ai gratté la peinture
qui s'effrite et j'ai remis une petite couche.


20-AVR-2008: 210745 km

    Dernière conso mesurée à 6.17 l/100 km. Aujourd'hui lavage du moteur. Ah non... La station de lavage est fermée! Mais à propos d'eau c'est vrai qu'il y a ce morceau de mousse sous la banquette arrière qui était trempée la seule fois où j'y ai passé l'aspirateur. Elle est sèche aujourd'hui.


La mousse parfois mouillée (flèche).
La découpe faite par le passé par des mécanos trop pressés de trouver une panne (grand cercle).
Un trou dans la tôle (petit cercle). Je ne crois pas que l'eau s'infiltre par là mais mieux vaut boucher ce
trou par prudence.



Voici deux petits morceaux de résine époxy et de durcisseur. Après mélange, j'ai bouché le trou avec
la pâte résultante.



[MàJ du 05-JUN-2008] Réparation de fortune aux rubans adhésifs. Pas top mébon...


26-AVR-2008: 211087 km

    Aujourd'hui lavage du moteur. On dépose juste le cache supérieur et on asperge le cambouis séché avec de l'huile fine en bombe. Le moteur tourne et on tente d'éviter autant que faire se peut les connections électriques. J'ai aussi mis une grosse couche de "Kärcher" sur le carter d'huile et le carter de boîte.


Bon ce n'est pas parfait mais c'est déjà nettement plus propre.



Encore un truc qui m'avait échappé jusqu'à présent (ainsi qu'à bon nombre de membres de la famille
Bozo): la petite collerette type bavoir autour du bouchon vient au dessus du cache! Ici j'utilise
simplement la clé mais on peut tout aussi bien dévisser le bouchon et ôter la bavette le temps d'installer
le cache pour finir par tout remettre par dessus.


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