En
général le motard aime bien jouer à
Monsieur
Plus. Je ne suis pas différent
mais les
directions de personnalisation varient
en fonction des individus.
Moi
j’aime beaucoup connaître des grandeurs
physiques sur mes véhicules (voir ma 205).
Pour cette raison
j’ai cherché une
K1 déjà équipée des jauges
de
température d’eau et de niveau de carburant
proposées en option à
l’époque. Si cela
n’avait été le cas, j’aurai
sans doute
acheté ces pièces pour les
« rétrofiter » sur ma Kun.
La température de
l’huile moteur
m’intéresse
beaucoup. Il y a plusieurs méthodes pour pouvoir la mesurer
- une sonde de type NTC dialoguant avec un petit
cadre galvanométrique ou
- un thermomètre
« mécanique »
La première solution
nécessite de
pouvoir visser la
sonde à un endroit du moteur où circule de
l’huile.
En général, la sonde prend
la place du bouchon de vidange. Cela comporte 3 inconvénients
- il faut déposer le capteur (il est en laiton un métal
tendre pas si
endurant que ça) à chaque vidange,
- le capteur dépasse dangereusement et peut
« accrocher » quelque chose et
- comme le capteur dépasse, s’il n’est
pas
capoté
(couvercle sous le moteur, sabot…) le vent relatif
à cet
endroit fait que toute
mesure est erronée (ma Suzuki 500 GSE
équipée de
la sorte indiquait 30°C
à 90 km/h et 80°C au feu rouge à
l’arrêt)
J’ai résolu le
dernier problème
avec un thermomètre
à visser de marque RR. Ce type de thermomètre se
visse en
lieu et place du
bouchon de remplissage. Il est muni d’une partie plongeant
dans
l’huile à la
manière d’une jauge mécanique. Avec une
lime on
peut même y graver de petits repères
de jaugeage si jamais le bouchon d’origine inclus la jauge
(Honda, Suzuki,
Triumph).

Le modèle de ma bonne vieille Suzuki avec le
repère de niveau MAX gravé par votre serviteur.
L’afficheur analogique est
rempli
d’huile silicone
afin d’amortir d’éventuelles vibrations
de
l’aiguille. Les graduations vont jusqu’à
140°C et le repère 120°C est de couleur
rouge. C'est bizzarement un peu faible car normalement la limite
maximum admise pour une huile moteur, même
minérale est de 150°C. A partir de 160°C (on
se donne donc 10°C de garde), des
phénomènes irréversibles de
cokéfaction font dramatiquement chuter les
qualités lubrifiantes de l'huile. Sur des huiles
très haut de gamme cette température de
cokéfaction peut être bien supérieure
(Mobil par exemple vantait dans sa pub télé des
années 90 295°C pour son produit "Mobil 1 SAE
5W-50").
La
société RR commercialise un tel
thermomètre pour la K1. Il est
identique pour toutes les K75, K100, K1 et K1100 (souvent le catalogue
écrit
lapidairement « K75-1100 »). Le
coût est
d’une cinquantaine d’Euros.

N'est-il pas chou?
Sur
les K l’extrémité de la
« jauge » ne
plonge pas dans l’huile mais selon moi, la
température
indiquée est malgré tout extrêmement
proche de la température réelle de
l’huile dans le
carter.
Le
principe du montage est de serrer juste assez
fort pour qu’il n’y ait pas de fuite. Et si
l’afficheur n’est pas droit?
On attend que le moteur soit en température (environ
80°C)
et l’afficheur peut
alors se positionner par simple rotation (le mode d’emploi
l’explique).
Sur
la K1, l’accès au
thermomètre (pour le
dévisser) est rendu très difficile par le
carénage. Sur la GSE, j’utilisais une
pince multiprise avec un gros chiffon. Sur la K1 cet exercice est
très fastidieux, voir impossible. Même avec plusieurs
couches de
tissu,
il faut
serrer la pince comme un dingue pour réussir à
déposer le thermomètre. Deux ou
trois de ces opérations suffisent à ruiner le
moletage du
thermomètre et à bien abîmer le
pourtour du bouchon
sur le couvercle du vilebrequin.

La
division ruine (Goldorak).
Une
fois le moletage ruiné, il devient encore
plus
difficile d’ouvrir ce satané
« bouchon ». La K1 consommant
« beaucoup » d’huile,
cette situation est
inacceptable. Comment par
exemple faire l’appoint pendant un voyage de plus de
1000 km?
Ma
solution fut de percer un trou radial de
3.6 mm de diamètre dans la partie
moletée afin
d’y accéder avec un petit
levier ou une clé à griffe. Pourquoi
3.6 mm ?
Parce je n’avais qu’un
foret de 3.6 mm de diamètre avec coupe /
arête
centrale. Je voulais un
trou entre 3 et 4 mm de diamètre, 3.5 ayant
été idéal mais bon on ne va
pas chipoter pour un dixième de millimètre.
Avec
ce Vé de fortune, je tente de centrer la partie
moletée
sous l'axe de la perceuse.

"C'est
de l'alu!" Voilà pourquoi le moletage s'abîme si
vite. Trou d'environ 8 mm de profondeur.
La
position du trou est à peu près en face de la
graduation 125°C.
Avant
de remonter le thermomètre, la "réparation" des
zones abimées (bavures) avec une
lime
aiguille et / ou un rifloir de graveur. Bien boucher le trou pour
éviter l'intrusion de copeaux /
limaille.
Ensuite avec un levier adéquat on pourra enfin serrer et
surtout desserrer correctement le thermomètre. Dans
mon cas j'ai songé à un
« poinçon »
de 3.6 mm de diamètre; c’est un
composant
standard de l’industrie
existant de 0.1 mm en 0.1 mm et fait dans un acier
extrêmement
dur. Un grand merci à Manu L., un ancien collègue
de travail, de m'en avoir fourni 2. Le premier est pour la trousse
à outils en cas de voyage au long cours alors que le second
est pour
l’atelier et les
contrôles de routine.


Et voilà un accès latéral efficace et
sans soucis.
Une mise
en garde
concernant le thermomètre:
un collègue de travail fan de machines de
guerre et autres chars me
voyant percer m'a apostrophé en me disant que son exemplaire
de la même marque a
reçu
accidentellement un peu d’essence sur le hublot. Celui-ci est
en
polycarbonate
(ici sans doute du Makrolon® de Bayer), plastique ne supportant
pas
la
promiscuité avec le carburant (il s’agit
d’ailleurs
du même matériau que celui
dont sont fait tous les pare-brises BMW). Le hublot a très
vite
blanchi au
point de devenir opaque. Attention donc.
Le
joint torique de mon thermomètre est un
24.6 X 3.
Celui du bouchon d’origine est un 25 X 2.7. Filet M28 X 2 ?
(difficile à mesurer avec certitude)
Parlons températures…Sur mon habituel
« circuit » de balade
dominicale, la température de l’eau se
stabilise
au bout de 5 minutes /
3-4 km (sortie de lotissement, agglomération puis
route
nationale à
90 km/h) environ. Je trouve vraiment que la K1 chauffe vite
comparée à mes 2 voitures à moteur
Diesel à bloc en fonte. La
température
de l’huile met plus de temps à atteindre les
80°C.
Cette dernière température
est généralement celle retenue par les
minéraliers
pour affirmer qu’à partir de
ce point leur huile libère pleinement tous
« ses
actifs » (viscosité
idoine pour une faible conso, additifs pleinement
« activés »). Sur
ma K1, les 80°C sont atteints après environ 15
minutes /
13-15 km
(toujours sur le même parcours : route nationale
traversant des
villages).
Ensuite
la température de stabilisation est
fonction
- de la vitesse moyenne et
- de la température extérieure
Quelques exemples (niveau
d’huile au milieu du
hublot, huile SAE 20W-50 Carrefour emb 76322c c-à-d
Total Fina Elf)
- 20°C, 90-100 km/h, route nationale, huile à
90-95°C
- 28°C, 110-150 km/h, autoroute, huile à
110-115°C
Deux
anecdotes pendant que je faisais des
recherches pour cet article. Le bouchon d’origine ainsi que
son
joint torique
sont utilisés
à deux
endroits sur la
K1. Le premier nous le connaissons. Mais le même bouchon
clôt aussi le vase
d’expansion.
Bel usage de composants déjà existants. On double
ainsi la
quantité nécessaire
(diminution du prix d’achat) et on gère 2
références de moins.

Bouchon 4 et joint torique 5.
Source.
Le modèle Suisse est
équipé
d’un tuyau facilitant
le remplissage. Si quelqu’un sait à quoi est
dû cette énième
spécificité du
marché suisse, qu’il
me le dise.

Le
tube 8 est "Chuisse" (pardon à Boris...).
Source.