La Peugeot 308 II restylée 1.5 Blue HDI FAP SCR 96 kW 93 g CO2/km EURO6.2

type T9, en finition Allure vue sous l'angle technique



Image issue de mon espace Mypeugeot


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PAGE EN COURS DE CONSTRUCTION

    Si vous avez des infos quelconques, je suis preneur. Ecrivez moi.

    Il s'agit de ma seconde 308 de type T9, dite phase II en jargon commercial. Je vous recommande d'aller voir d'abord le tour technique de la première avant de poursuivre ici.

    C'est fait? Bon. A présent on va surtout parler des différences. Elles se situent principalement dans le moteur et le système de dépollution.

    Avec 1499 cm3, le moteur DV5CR a perdu exactement 61 cm3 par rapport au précédent DV6FC. Comme l'entraxe d'une famille de moteur permet de définir des grosses lignes d'usinage, il semble évident qu'on a réduit la course. C'est bien le cas: elle est passée de 88.3 à 84.8 mm (-3.5 mm) avec un entraxe identique de 75 mm. Cette cylindrée existe déjà sur le marché sous d'autres capots depuis quelques années. C'est le cas de nombreuses Ford Fiesta et Focus avec des puissances différentes. La puissance est passée de 120 CV à 3500 tr/min  (116 pour ma version Bénélux) à 130 CV à 3750 tr/min. Le couple maxi reste inchangé à 300 Nm à 1750 tr/min.

    Hormis le changement mineur de cylindrée, c'est surtout la culasse qui a gagné 8 soupapes de plus. Logiquement l'injecteur est passé au centre de la chambre. L'angle entre les soupapes d'admission et d'échappement étant très fermé, deux poulies d'arbre à cames ne sont pas possibles. Comme déjà sur le 2.2 HDI de la 607, il n'y a qu'une poulie d'arbre à cames (sur l'admission) et le second est entrainé par une chaîne. Les deux arbres tournent donc dans le même sens. On trouve aussi souvent deux pignons qui engrènent comme autre solution technologique (les arbres tournent alors en sens inverse). Le répartiteur d'admission est intégré à la culasse. Un nombre plus élevé de soupapes augmente ce qu'on appelle la perméabilité de la culasse ce qui fait que les échanges gazeux se font avec moins de perte de charge à haut régime. L'agrément moteur est ainsi généralement un peu meilleur (par rapport à un "deux soupapes"). La commande des soupapes devrait être à attaque directe sur des linguets équipés d'un rouleau et avec poussoir hydraulique fixe à rattrapage automtique du jeu.


On voit la petite chaîne ici, les injecteurs centraux, le couvre-culasse monobloc en plastique, le "bol" dans les pistons et leur jupe revêtue (graphite?)


    Pour la dépollution, comme bien souvent, le travail a porté sur deux axes. D'abord la combustion elle-même (la cause) puis le système de dépollution. Alors je cite des propos publics: "La combustion a bénéficié d’un long travail en simulation ayant permis de développer une nouvelle forme de chambre: la couronne de la tête de piston, entre son diamètre extérieur et son bol, n’est plus plate mais concave. Cette forme accroît la turbulence de squish et contribue à réduire les zones riches en carburant pendant la durée entre la pulvérisation et l’inflammation, ceci à proximité des jets de gazole et aux abords de la paroi de la culasse. En outre, le diamètre maximum du bol est réduit, également pour augmenter la vitesse des flux turbulents. Sous forte charge, le squish accroît le dégagement de chaleur entre 10° et 30° après le point mort haut et réduit en conséquence la durée de combustion, avec pour résultat une meilleure récupération d’énergie. De plus, la part de carburant imbrûlé dans le bol et dans la zone de squish est moindre." Génial, non? Ouais...



DV= degré vilebrequin. Seule une moitié de chambre est étudiée pour économiser les ressources
logicielles en simulation, la ligne verticale gauche représente l'axe de symétrie de la chambre et sans
doute aussi du cylindre (à peu de chose près).


    Pour finir côté moteur, le rapport volumétrique de compression est passé à 16.5:1 (17 sur le DV6FC: ça génére moins de NOx mais le rendement chute aussi un peu) le turbo à géométrie variable de cette version 130 CV est piloté électriquement (lire plus finement) ce qui améliore toujours le pilotage des régimes transitoires. Les injecteurs ont 7 trous qui voient passer la tisane jusqu'à 2000 bars. Le profil ainsi que le revêtement des segments a été modifié, avec en plus comme c'est toujours le cas, une réduction de la tension tangentielle, ce qui réduit encore les frottements. Côté frottements encore, le palier de l'arbre à cames d'admission (celui juste à côté de la poulie qui reçoit la tension de la courroie) a été équipé d'un roulement à billes, fait assez rare à ma connaissance jusqu'à présent. La cure continue avec une réduction des masses de l'équipage mobile: vilebrequin, bielles et pistons. Le dossier de presse Peugeot précise pour la bielle -15% pour la masse alternative et -35% pour la masse en rotation (une bielle est assimilée à un pied qui ne fait qu'aller et venir et à une tête - qui reçoit un chapeau- qui ne fait que tourner; le rapport théorique des masses est toujours 1/3-2/3)


Gros plan du piston à jupe revêtue.



La commande électrique de la géométrie variable de la suralimentation devant le filtre à huile. Dans le fond, on ne voit pas ce que les soupapes
d'échappement attaquent.


    Côté dépollution, tous les systèmes (catalyseur d'oxydation, SCR et FAP) ont été regroupés en une seule entité fixée au plus près du moteur. Cela permet une montée en température des éléments actifs la plus rapide possible. Je suppose que c'est aussi la température moyenne plus élevée à présent qui a permis de justifier la suppression de l'additivation du FAP (eh oui plus d'additif non plus chez PSA à présent...). Rappel: l'additif ne fait que baisser de 100°C la température de combustion de la suie produite, du style combustion à 450 au lieu de 550°C. Si proche du moteur, cette température critique est peut-être atteinte. La question qui reste est "quid des matériaux?". Ne vont-ils pas vieillir prématurément?

    En conduite réelle, les émissions de NOx seraient 3 fois inférieures à la norme. Il faut employer le conditionnel puisqu'il semble qu'on ne puisse plus faire confiance à personne sur ces sujets de nos jours. PSA annonce jusqu'à 95% de NOx en moins, 99% de particules en masse et 99.9% en nombre... Bientôt des fleurs et des oiseaux qui chantent sortiront par l'échappement. Ce gros système occupe pas mal de place devant le moteur et avant les divers échangeurs frontaux (air, eau, clim'). C'est là qu'on comprend mieux pourquoi l'avant de la nouvelle 308 est plus carré que la précédente. C'est sans doute un peu moins bon en aéro mais au final ça rentre bien dans le style Peugeot des dernières 3008 et 508.


Le FAP est revêtu (car absence d'additif) et il est équipé d'un second SCR censé choper le reste des NOx à des régimes (débit de gaz) élevés. Il y a
deux capteurs de température amont et aval, deux capteurs de pression amont et aval et un capteur de NOx.
On voit aussi un vilebrequin à "seulement" 4 contrepoids (8 seraient mieux pour l'équilibrage dynamique mais plus lourds, plus chers), la commande des
soupapes avec linguet à rouleau, la commande par chaine (avec son tendeur hydraulique) du second arbre à cames, une poulie d'arbre à cames en métal
fritté et à denture conjuguée (économie de matière, réduction du poids)



Le premier petit SCR est dit "rondelle" et possède un mélangeur en amont. Sa petite taille lui permet
une montée en température rapide (c'est actif à partir de 200°C). Le mélangeur favorise l'homogénéisation
de l'ammoniac dans les gaz et évite les dépôts sur les parois.
OK mais alors il se passe quoi avant 200°C? Aha très bonne question, je vois qu'on n'a pas oublié d'être
intelligent cher lecteur. Le catalyseur d'oxydation qui doit se charger des imbrûles (dits HC) et du CO
stocke -dans ce concept- aussi les NOx un certain temps avant de les libérer sous l'effet de la chaleur.
Dans un monde idéal, c'est le temps qu'il faut pour que le premier SCR devienne actif.
Notez l'échangeur eau/huile en arrière plan, à la base du filtre à huile.

    La presse a affirmé récemment que ce moteur est le dernier Diesel Peugeot qui sera developpé. Mais comme Peugeot annonce une huile basse viscosité 0W-20 pour laquelle il n'existe aucune source et pas la moindre norme PSA en rapport, que ma voiture me fut livrée avec la recommandation 0W-30 selon la norme courante en vigueur (PSA B71 2312), je suppose que le moteur aura encore à subir une ou deux évolutions avant de tirer sa révérence définitive.



Ici les injecteurs "centraux" et un dernier couvercle de couvre culasse en plastoc.



Voici ce que j'ai découvert en lieu et place du filtre à gazole de ma 308 précédente. Selon la tuyauterie y a bien du carburant qui y passe mais ce truc
est tout petit petit. Mystère. Notez le tube en provenance de la rampe commune avec un manchon de protection pour la durite recouverte d'un manchon
tressée qui passe au dessus. Joli sens du détail, ça fait plaisir.
MàJ: il s'agit d'un amortisseur de pulsation de pression du carburant!
 


Beaucoup trop de pâte à joint selon moi. Quand on a peur des fuites, qu'on a que des robots, la tentation est grande d'en mettre trop. Voilà y en a
sans doute autant à l'intérieur. On note qu'il y a au moins 3 plants de joints rien qu'au dessus de la culasse. Il y a sans doute une sorte de carter échelle
qui inclut les demi paliers des AàC et qui coiffe un premier couvre-culasse..



On voit mal mais il y a même de la pâte à joint autour des puits des injecteurs. Pour d'éventuelles fuites futures quand le joint en cuivre tout en bas
lachera?



La pompe a huile n'est plus sous le vilbrequin comme sur les vieux XUD mais sur la même ligne d'arbre que le vilo. Montée en applique. Je la suppose
trochoïdale et je crois deviner ici un solénoïde qui commande sans doute un débit avec au moins deux valeurs discrètes (je ne crois pas que ce soit
continûment variable mais qui sait?). On notera une courroie d'accessoires polyvé 6 PK1511 (6 vés, longueur développée 1511 mm).



Le couvercle de la poulie d'AàC d'adimission est monté en applique avec un joint obtenu par co-extrusion (une seule pièce). Vos brosses à dents sont
souvent obtenues ainsi (plastique dur, plastique mou). On note sur l'étiquette "DV5RC ML6C". Trémery ou Douvrin?



Un capteur en communication avec le système de dépollution monobloc. Bosch avec inscription NOx.



Un autre capteur en communication avec le système de dépollution monobloc. Bosch aussi