La partie mâle qui reçoit le mouvement moteur. Notez le
joint torique qui rend l'ensemble étanche.
Partie femelle. Il y a un ressort sur une portée
sphérique. Notez le circlip.
A présent on abaisse le cylindre et le
soufflet, on retire le circlip et on repère les positions
relatives des pièces.
On peut alors retirer la pièce
supportant les trois galets sphériques avec de légers
coups
de maillet sur une chasse en métal tendre.
A ce moment, on
s'aperçoit avec horreur qu'on n'a pas le bon soufflet de
rechange. On emballe le necéssaire et on retourne au
magasin. Là-bas on constate amèrement qu'il y a une
erreur dans le catalogue: le kit SNRA 00913 (diamètre 70) ne
sert qu'aux modèles sans ABS alors que les modèles avec
ABS utilisent alternativement aussi le kit SNRA 00922 (diamètre
60). Or notre Saxo n'a pas d'ABS et pourtant il lui faut le kit
00922... Qui n'est bien sûr pas en stock. On appellera cela selon
l'humeur un épisode humoristique ou la triste
réalité du laisser-aller. La pièce est promise
pour le lendemain à 9h00.
On rentre au bercail et on décide d'achever
tout le travail encore faisable, ce qui revient à changer le
joint d'étanchéité de sortie de boîte.
Pourquoi devoir le changer? Parce que lorsque la transmission est
sortie, ses cannelures ont plus que probablement abîmé
la lèvre du joint. Cette pièce coûte 5 Euros et
risquer la fuite après tout ce travail est un risque que
personne ne prendra. Voici une photo tentant d'illustrer mon propos.
Mais les cannelures ne vont-elles pas aussi
abîmer le joint au montage? Bien sûr que si! C'est pour
cela que ce type de joints est toujours vendu avec un protecteur en
plastique. Ici
il est carrément intégré au joint. Ce sont les
griffes en plastique blanc. Elles centrent l'arbre en le portant et
empêchent les cannelures de toucher la lèvre, mais cela ne
marche que dans un sens, à l'introduction. Voilà le joint
neuf, seul vu de face.
Dans cette opération le plus dur est de
retirer d'abord le vieux joint. Avec l'âge, il colle
irrémédiablement à l'aluminium de la boîte.
J'ai eu de bons résultats avec le crochet d'une pince à
ressort de freins qui vient saisir le joint derrière sa
lèvre. Attention il faut tirer fort!
Pas facile, mais faisable avec du
courage et de la volonté.
Ensuite on lubrifie le nouveau joint -par exemple
avec de l'huile silicone- sur sa face extérieure et on l'enfonce
délicatement avec un morceau de bois ou une douille
jusqu'à ce qu'il soit en butée contre l'épaulement
au
fond du logement (visible sur la photo ci-dessus).
Attention, si le joint n'est pas partout en
appui contre l'épaulement, son axe ne sera pas coaxial
avec
celui de l'arbre et la lèvre pourrait ne pas porter partout
(d'où fuite...). Comme je n'ai pu faire le montage et
prendre la photo en même temps par manque d'un troisième
bras et de place, voici une illustration du propos mais sur
l'établi.

Douille de 32 mm.
25AOU05
Voilà je suis allé chercher le nouveau
kit. Cette fois c'est bien le bon. Bizarrement le premier était
à 17 Euros, le second à 29.60!!!???
Bon ben y-a-pu-qu'a. On enfile l'anneau-collier,
puis le soufflet sur l'arbre de la transmission.
On replace le support des trois galets
sphériques sur la partie cannelée. Aucun risque d'erreur,
la partie basse de l'arbre a un chanfrein qui vient rencontrer son
homologue sur le support. Le montage est légèrement
serré d'où l'utilisation d'une douille de 24 mm et d'un
marteau.
On repose le circlip.
Il est l'heure de remplir le nouveau soufflet avec
la graisse fournie dans le kit. Il y a un berlingot de 120 g.
Bien repartir la graisse. On peut maitenant
présenter la partie venant de la boîte de vitesses dans le
cylindre en tôle du soufflet. On aura pris soin de lubrifier le
joint torique et de ne pas oublier le ressort.
Ces deux pièces doivent venir en butée
alors il faut les aider un peu.
A présent il faut déformer ou "sertir"
le cylindre sur l'arbre cannelé. Voilà un rare exemple
illustrant l'utilisation d'un étau orientable à base
tournante.

Un frère prématurément heureux faisant le V de la
victoire.
On s'aperçut que l'opération est plus
facile avec un marteau plus petit: celui-ci est un marteau de
cordonnier et a une histoire: il fut offert en 1944 à mon
parrain (né en 1931 et toujours parmi nous) par un agriculteur
bavarois. Mon parrain Allemand et sa famille (c-à-d sa soeur/ma
mère et mes grands-parents) furent évacués en
Bavière en 1944 car les Alliés gagnaient du terrain. Le
hasard fit que c'est ma famille qu'hébergea notre Bavarois qui
était sans enfant. Celui-ci se prit certainement de tendresse
ou d'affection pour le jeune Siegfried qui l'aida dans de menues
réparations. Ce marteau "à la taille d'un enfant" fut un
cadeau souvenir. On est comme Oscar Pili chez moi "Oscar Pili voit
tout, il entend tout mais surtout, il n'oublie pas" (
Le fou de Guerre avec
Coluche).
Et là tout à coup perdu dans notre
concentration et concertation sur le côté historique de la
bricole surgit de nulle part comme un éclair Cassandra le
redoutable inspecteur des travaux finis avec son index accusateur et
son âme damnée, j'ai nommé papy. Qu'est-ce qu'on a
pris!
Pour fermer définitivement le soufflet il ne
faut pas oublier le collier en élastomère
véritable. Un tournevis jusdicieusement utilisé
en tant que levier avec une partie non agressive de sa tige fera
très bien l'affaire.
Mon frère est aussi un fan de glisse et se
croit déjà arrivé.
On retourne sur la voiture et on replace la
transmission dans la boîte puis dans le moyeu. En voulant
replacer la rotule du triangle dans son logment dans la jambe de force
(ici le levier est à nouveau parfaitement utilisable), un geste
malheureux et notre barre vient enfoncer le joint de la rotule. Le
joint est passé sous un épaulement et ne veut plus
remonter. De la graisse s'en échappe. Pas de panique!
Ce genre d'incidents fait partie
du jeu et c'est
normal.
Il ne faut pas se décourager et faire face à la
situation. On aurait pu aussi déchirer le petit soufflet. Or la
rotule et le triangle ne forme qu'une seule pièce (à plus
de 150 Euros!). Finalement on s'en sort bien.
Il suffit de ressortir la transmission et
d'écarter la jambe de force. On retire le petit anneau de
métal qui plaque le soufflet sur la queue de rotule. Il devient
alors facile à la main de forcer le soufflet a repassé au
dessus de l'épaulement. Avec une seringue, on lui
réinjecte un peu de graisse neuve (au MoS
2!).
On replace l'anneau élastique en métal
et après quelques tentatives musclées et en finesse
(faire pivoter la jambe de force autour de son axe), la queue de rotule
retrouve son logement.
Pour remettre la gorge de la queue de rotule en face
du trou de la bride, il suffit d'y enfoncer la vis du boulon. Ensuite
on sert tout cela à 85 mN (clés de 16 et 17 mm).
Maintenant, on peut par exemple commencer par fixer
la bielle de la barre anti-roulis (clé de 18). La photo vous
montre comment nous avons utilisé un tournevis et une clé
sur sa prise hexagonale pour maintenir la queue de cette rotule. Comme
mentionné ci-dessus, nous sommes les auteurs de la rainure.
Au tour de la rotule de direction (clé de
16). Une autre technique pour empêcher une queue de rotule de
tourner est de plaquer fortement les deux pièces l'une contre
l'autre. Cette méthode est efficace en cas de siège
conique (le cas ici).
Reste plus qu'à serrer tout ce petit monde au
couple prescrit. C'est 25 mN pour la rotule de direction selon PSA. Une
fois bien serrée à la main, grâce au siège
conique, la queue de rotule ne tourne plus sous l'effort de la
clé.
Idem avec la biellette de la barre anti-roulis. Ici
c'est 50 mN selon PSA. Le hic c'est que la rotule continue à
tourner. Comment faire? Nous avons serré progressivement
à la main en plusieurs étapes. A chaque fois nous avons
vérifié avec la clé dynamométrique si la
rotule tournait encore ou si la clé déclenchait. La
troisième passe fut la bonne.
Reste plus que l'écrou central de la
transmission. Ici c'est du gros: 260 mN. Il faut ressortir notre outil
Facom D.69A.
Bien sûr on n'oublie pas de "verrouiller" ce
gros écrou.
Gros plan.
Voilà c'est presque terminé. On
remonte la roue. On enlève la chandelle et on va lever le
côté gauche de la voiture pour faciliter le remplissage de
la boîte. Beaucoup d'entre vous ont sans doute un jour acquis une
seringue à huile pour pouvoir s'autoriser la vidange et surtout
le remplissage de leur boîte de vitesses. Quelle ne fut pas leur
surprise en découvrant la pompabilité médiocre de
l'huile de boîte. Il faut des heures pour remplir la seringue et
encore la même durée pour la vider. Je vous propose de
vous fabriquer une cocotte ou une nourrice semblable à celle de
la photo ci-dessous. Le remplissage dure 15 bonnes minutes mais c'est
la gravité qui fait tout le travail. L'huile employée est
toujours l'huile d'origine PSA, cette fois-ci de la Esso SAE 75W-80W
que j'ai une nouvelle fois additivée de bisulfure de
molybdène. On n'oublie pas de replacer le bouchon de vidange et
un joint en cuivre de diamètre 14 mm
avant le remplissage
(riez...)
Gros plan. Il s'agit d'un vieux bidon d'huile de
boîte muni d'une canule souple. J'ai découpé le
fond et ajouté un tuyau transparent suffisamment long. Une ance
ainsi
qu'un crochet et le tour est joué. Avec la fenêtre du
bidon, on voit même le niveau. Plus la nourrice est haute, plus
le remplissage sera rapide (pression hydrostatique).
Le tout étant relié à l'orifice
de remplissage de la boîte.
Et voilà, on referme la boîte avec un
joint en cuivre de diamètre 14 et en route vers de nouvelles
aventures ou vers des routes aventureuses pour cette frêle
mécanique. On range tout, j'ai à nouveau mal partout,
c'est plus de mon âge ces conneries!