Normalement cette
opération se fait à chaud
(qui est l'état de régime stationnaire ou stable de notre
système). Mais puisque j'en ai l'occasion je vais tenter de
faire cette mesure à froid et à chaud, histoire de voir
s'il y a des différences.
A froid: moteur arrêté depuis longtemps
et à temperature ambiante, disons 24 heures et 23±5°C.
A chaud: mesure juste après arrêt du
moteur, celui-ci ayant déjà parcouru au moins 15 km ou
tourné plus de 15 minutes autement qu'en roulant au pas.
Dans les deux cas, avec de l'huile dans le moteur
c'est mieux bien sûr... Le plus intéressant consiste
évidemment à comparer les valeurs entre cylindres, au
delà de la valeur absolue. L'instrument de mesure est un simple
manomètre, mais équipé d'un petit système
qui empêche la pression de chuter dans son système de
mesure, une fois que celle-ci n'est plus exercée. En l'occurence
un simple clapet anti-retour constitué d'un ressort et d'une
bille appuyant sur un siège conique. Mon instrument étant
bon marché, on ne s'étonnera pas d'une précision
faible. L'idée c'est la comparaison et un ordre de grandeur.
La RT étant catalysé et comme le
cylindre non mesuré est muni de sa bougie, il est raisonnable
d'empêcher tout allumage et aussi toute injection: une grosse
charge de carburant qui brûle ailleurs que dans la chambre
c-à-d dans le catalyseur peut l'endommager
irrémédiablement (fusion, colmatage...)
Le "gonflage" du manomètre (ici appelé
compressiomètre) se fait à coup de démarreur avec
le papillon des gaz complètement effacé dans la veine
gazeuse c-à-d ouvert en grand (i.e. poignée dans l'coin).
En général une dizaine de tours du moteur suffisent
à stabiliser la lecture.
D'après le manuel d'atelier BMW du R1100,
à chaud
-"
bonne, >10 bar
- normale 8,5..10 bar
- mauvaise < 8, bar"
Une mauvaise compression ne peut venir que de 2
endroits. Facile, on a une chambre "étanche" donc
- soit un problème côté piston/cylindre: un trou,
une fissure, un cylindre et/ou des segments usés
- soit côté culasse: fissure, soupape pas fermée
(tordue, dont il manque un morceau, ouverte car jeu mal
réglé)

Après dépose du carénage, on "débranche"
les deux bougies et les deux injecteurs.

On retire la bougie du
seul
cylindre gauche et on y adapte le compressiomètre. J'ai
dû me fabriquer
un tube rallonge en laiton pour pouvoir adapter mon
compressiomètre bas de gamme sur la RT.

On met le contact, on tourne la poignée des gaz en butée
et on actionne le démarreur jusqu'à ce que
l'aiguille du compressiomètre ne bouge plus.

On dépose le compressiomètre, on replace la bougie, on
dépose celle de l'autre cylindre et on y adapte
à nouveau le compressiomètre. Contact, poignée
à toc, coups de démarreur.
Résultats
à froid
- à gauche: 10.89 bar (converti à partir de 158 PSI
car l'échelle du compressiomètre a une meilleure
résolution)
- à droite: 8.96 bar (130 PSI)
Bref, 11 et 9 bar: c'est respectivement "bon" et
"normal" mais je trouve que l'écart est gigantesque. Cela
m'inquiète. Sera-ce différent à chaud? Je ne serai
pas étonné que mon adaptateur maison n'ait
pas une étanchéité au dessus de tout
soupçon.

Le filetage M14X1.25 a été réalisé au tour
mais pour pouvoir usiner sur toute la longueur, il faut une
gorge de dégagement pour l'outil. J'ai "bouché" cette
gorge avec des joints toriques à disposition,
peut-être sont-ils responsables d'un écart de mesure?