La prise des compressions sur la R1100 RT


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04-AVR-2012: 40000 km

    Normalement cette opération se fait à chaud (qui est l'état de régime stationnaire ou stable de notre système). Mais puisque j'en ai l'occasion je vais tenter de faire cette mesure à froid et à chaud, histoire de voir s'il y a des différences.

    A froid: moteur arrêté depuis longtemps et à temperature ambiante, disons 24 heures et 23±5°C.

    A chaud: mesure juste après arrêt du moteur, celui-ci ayant déjà parcouru au moins 15 km ou tourné plus de 15 minutes autement qu'en roulant au pas.

    Dans les deux cas, avec de l'huile dans le moteur c'est mieux bien sûr... Le plus intéressant consiste évidemment à comparer les valeurs entre cylindres, au delà de la valeur absolue. L'instrument de mesure est un simple manomètre, mais équipé d'un petit système qui empêche la pression de chuter dans son système de mesure, une fois que celle-ci n'est plus exercée. En l'occurence un simple clapet anti-retour constitué d'un ressort et d'une bille appuyant sur un siège conique. Mon instrument étant bon marché, on ne s'étonnera pas d'une précision faible. L'idée c'est la comparaison et un ordre de grandeur.

    La RT étant catalysé et comme le cylindre non mesuré est muni de sa bougie, il est raisonnable d'empêcher tout allumage et aussi toute injection: une grosse charge de carburant qui brûle ailleurs que dans la chambre c-à-d dans le catalyseur peut l'endommager irrémédiablement (fusion, colmatage...)

    Le "gonflage" du manomètre (ici appelé compressiomètre) se fait à coup de démarreur avec le papillon des gaz complètement effacé dans la veine gazeuse c-à-d ouvert en grand (i.e. poignée dans l'coin). En général une dizaine de tours du moteur suffisent à stabiliser la lecture.

    D'après le manuel d'atelier BMW du R1100, à chaud
-"bonne, >10 bar
- normale 8,5..10 bar
- mauvaise < 8, bar"

    Une mauvaise compression ne peut venir que de 2 endroits. Facile, on a une chambre "étanche" donc
- soit un problème côté piston/cylindre: un trou, une fissure, un cylindre et/ou des segments usés
- soit côté culasse: fissure, soupape pas fermée (tordue, dont il manque un morceau, ouverte car jeu mal réglé)


Après dépose du carénage, on "débranche" les deux bougies et les deux injecteurs.



On retire la bougie du seul cylindre gauche et on y adapte le compressiomètre. J'ai dû me fabriquer
un tube rallonge en laiton pour pouvoir adapter mon compressiomètre bas de gamme sur la RT.



On met le contact, on tourne la poignée des gaz en butée et on actionne le démarreur jusqu'à ce que
l'aiguille du compressiomètre ne bouge plus.



On dépose le compressiomètre, on replace la bougie, on dépose celle de l'autre cylindre et on y adapte
à nouveau le compressiomètre. Contact, poignée à toc, coups de démarreur.


Résultats à froid
- à gauche: 10.89 bar (converti à partir de 158 PSI car l'échelle du compressiomètre a une meilleure résolution)
- à droite: 8.96 bar (130 PSI)

    Bref, 11 et 9 bar: c'est respectivement "bon" et "normal" mais je trouve que l'écart est gigantesque. Cela m'inquiète. Sera-ce différent à chaud? Je ne serai pas étonné que mon adaptateur maison n'ait pas une étanchéité au dessus de tout soupçon.


Le filetage M14X1.25 a été réalisé au tour mais pour pouvoir usiner sur toute la longueur, il faut une
gorge de dégagement pour l'outil. J'ai "bouché" cette gorge avec des joints toriques à disposition,
peut-être sont-ils responsables d'un écart de mesure?


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